N'ayant pas fait le ménage à la boutique, j'y suis allée vers 17h20.
Avant, rien de particulier, sinon que n'amour a voté tôt ce matin et que l'on a fait un peu de rangement. Il a trouvé comment mieux ranger son matériel de musique, a réarrangé des cartons, a fait
du vide.
A la boutique, j'ai mis mon portable à recharger, bien en évidence, au cas ou N'amour m'appelle. Il ira peut-être rue Solférino, ou à République. J'ai mis la radio partout, au cas ou, en attendant
20h.
Il est 19h40, et j'en suis aux dernières finitions: les traces de doigts sur les écrans, les étageres en verres... Je ralentis, en attendant l'heure fatidique. Je me demande si "Philippe Libraire"
sera encore ouvert; peut-être j'aurais besoin du dernier tome du Retour à la terre pour me/lui remonter le moral...
Il est 20h, et OUIfm me le dit: il est président.
Un vide.
J'envoie un sms à mon amour, pour qu'il fasse attention à lui.
Je pars: pas de retour à la terre pour aujpourd'hui.
Le silence.
Un silence très étrange pour le canal Saint Martin: un dimanche, un temps pareil, les gens sont dehors. Là, les restaurent sont quasiment vide et il n'y a que des étrangers dans la rue.
Une voix d'enfant me surprend avec un "allésarkoallésarkoallésarko", et puis le calme à nouveau.
Je croise une voiture de flic.
Juste au moment ou je passe devant la caserne, ça sonne. Un peu plus loin, je laisserais le camion sortir. Un jeune brise une bouteille de bière pour Sarko avant de prendre les quais.
Dans le métro, c'est le même drôle de calme. Comme une chape de plomb.
Dans mon quartier, c'est comme un jour de défaite de foot. Rassemblés dans les bars, ils ont leurs yeux fixés sur les écrans de télé, bouches bées, ce sont des éponges qui absorbent ce qui se
passent sans bien comprendre, sans joie ni peine. Monsieur notre nouveau président est en fait en train de faire son premier discours.
Mon quartier est populaire.
Et même si je n'y participe pas, il est toujours animé. Il y a toujours cette rumeur vivante qui se mele au train.
Oui, c'est un soir comme un soir de défaite de foot.
Sans la rumeur des supporters du groupe gagnant...
Je ne sais pas ce qui va arriver, mais... je n'aime pas ce "drôle de calme... avant la tempête"?